INZUMCA



D’après l’Inzou qui est en moi
Il était une fois…
Il y a des lustres, il paraît que la Terre ne tournait pas, elledansait.

Dans ces temps-là, ces contrées étaient une sphère géante debonheur… Et l’amour, la seule seule chose concrète qu’ellerenfermait.

Alors que les arbres, les plaines et les montagnes n’étaient pasencore là, l’amour existait déjà. Et tout cela serait né, commetoute autre chose, de cette source d’amour.


Tout au début, un jour,
l’énergie colossale de l’amour aurait accouché des Inzous, ancêtresspirituels de l’Humanité.
Longtemps après, au moment de la descente des Inzous , la Terren’aurait pas voulu qu’ils soient bousculés, elle aurait cessé desautiller.
Elle leur aurait cédé son énergie. Qu’ils tournoient , ma foi, àleur tour !

Ainsi, l’Inzou se serait mis à graviter autour de l’amour. .. Etoui, et oui… Comme j’en parle, dans ces temps-là, l’amour auraitété visible à l’œil nu.

L’amour se serait accru au fur et à mesure de leur ronde… Et lesInzous se seraient accrus au rythme de l’Amour… Mais cettegravitation célébrant l’amour aurait continué dans une spiraleinéluctable.
A force de tourner, la vue de certains Inzous se serait brouillée,et leur esprit dilué. Ils auraient oublié l’essentiel, se seraientmis à errer jour et nuit !
Une nuit, puis un jour… Encore une nuit de passée… L’Inzou auraitalors cru que sa raison d’exister était de toujours passer à unnouveau jour. Et il aurait fini par courir après le temps.
Et plus tard, un jour, de quoi s’aperçoit-il ? Ils n’est pluslui-même, même plus un Inzou !

Voilà… Ce jour-là où l’Homme devint homme, l’amour est abstrait,aurait-on dit et on serait passé à une toute autre dimensionconcrète.
Ils auraient compté et engrangé le temps écoulé et les instantssuspendus. Et entre-temps, on serait devenu tributaire desnombres.
Et les bonheurs creux des moments sans-amour auraient fondél’univers humain sur les nombres. Et bien que l’Inzou ait bienordonné le vivre avec les nombres, un beau jour, il en étaitdevenu, lui aussi, dépendant …Et son âme serait devenu l’esclave deson ambition. Il aurait entassé, entassé toujours plus… Et malgrécela, il serait devenu insatiable !

Deuxième partie

Et voilà qu’à cet instant-là, la Sphère se serait emplie dedouleur.
La souffrance se serait abattue partout dans la Sphère et, quelquepart dans ses profondeurs, quelque chose aurait commencé à toutattirer vers sa surface !
Que se serait-il passé ?
Dans cette souffrance, l’attraction terrestre serait née…
Et désormais, la sphère du bonheur serait devenue un globeterrestre.
Et pourtant, l’amour regorgeait de la même énergie.


La seule chose qui n’aurait pas été emportée vers le fond par cettesouffrance était l’amour.
Et d’autre part, bien évidemment, les Inzous auraient résisté. Maisleur ronde au service de l’amour se serait compliquée de jour enjour.
Au fur et à mesure que les médiocrités de leur âme, leursfrustrations auraient nourri la souffrance, l’attraction terrestrese serait intensifiée… Et plus leurs fardeaux se seraient alourdis,plus leur tournoiement aurait ralenti…

Plus les hommes seraient devenus insipides, plus les Inzousauraient ralenti…
A force de ralentir, toujours plus lents, un jour, les Inzousseraient devenus incapables de bouger.

Troisième partie

La Terre n’aurait plus été capable de contenir en son sein tout cequi s’y passait, et aurait décidé d’agir !
Et si la ronde des Inzous n’était plus possible, « Je tourne touteseule, je ne peux fermer les yeux sur l’arrêt de leur gravitationsur les traces de l’amour », aurait-elle dit.

Et alors, depuis ce jour-là, la Terre tournerait et ferait touttournoyer en elle avec amour.

C’est dire que le tournoiement de la Terre était sa révolte face àsa souffrance !

En tournant, elle aurait empêché les Inzous de s’écarter du cheminde l’amour, et cela aurait provoqué chez eux des larmes debonheur.

En même temps que les larmes, aurait surgi le moyen de se libérerde la servitude à la souffrance.
A son contact avec le globe terrestre, la première goutte auraitpoussé toutes les eaux à se rebeller contre l’attractionterrestre.

Tandis que, d’un côté, l’Inzou répandait le bonheur, de l’autre,les eaux du globe seraient montées… Au moment où les eaux ainsigonflées auraient rejoint les Inzous, leurs êtres s’y seraientdissouts et, s’unissant à elles, ils auraient retrouver leurliberté.
L’attraction terrestre serait moindre dans l’eau grâce àl’intensité de l’amour qui aurait fusionné avec les gouttesdissimulées dans l’eau.
Désormais, grâce aux particules d’eau et en s’évaporant, les Inzousseraient devenus impossibles à emprisonner en quoi que ce soit.
Ils pouvaient alors vagabonder à leur guise entre ciel etterre.
A tout instant, ils pouvaient passer d’un état à l’autre et, s’ilsne pouvaient atteindre un être égaré dans la méchanceté, ilsquittaient ce corps et s’envolaient vers un autre être.
Ils pouvaient s’immiscer dans n’importe quel élément terrestre,pouvaient vivre dans chaque être contenant de l’eau.
Ils seraient devenus errants. Ils vadrouillaient jusqu’à ce qu’ilstrouvent un cœur pur.
Comme ils tournoyaient au service de l’amour en même temps que laTerre, ils s’étaient aussi donné le but de libérer l’âme des hommesde la souffrance.
Et puisque nos corps sont constitués d’une grande partie d’eau, laclé qui ferait atteindre nos esprits à leur libération s’y trouvaitdéjà.
Et en plus, les Inzous entouraient déjà l’Homme dans le ventre dela mère, ils dotaient nos âmes d’amour dans les eaux regorgeantd’Inzous.
C’est pourquoi, l’âme pure des bébés seraient comblée d’Inzou avantde succomber à la matière… Et puis, encore enfant, l’Homme verraitbien cet amour.
Quant à nous qui sommes en âge avancé, afin que nous puissions noussouvenir du but de notre vie, ils nous auraient guidé, à travers lanature, en jaillissant de la terre.
En réalité, il suffirait que nous regardions autour de nous pourvoir l’amour…

Ils auraient répandu leur amour avec les eaux, dans les quatrecoins de la Terre.
Chaque instant où nous pourrions ouvrir notre cœur aux messages dela nature, un Inzou pourrait s’y installer.
Parfois, les messages d’amour seraient cachés dans les plumes d’unoiseau… Et à d’autres moments, les Inzous nous souffleraient lesformules du bonheur à travers le vent.

Comme ils auraient mêlé l’amour à la glaise pétrie, parfois, nousrencontrerions l’amour déguisé en bourgeon. Et parfois, les Inzousattendraient dans les pétales d’une colchique glissée dans lesfentes des rochers géants. ..

Ou encore, ils nous souriraient à travers les perce-neiges.


Voilà… A ces instants que nous pourrions percevoir, un Inzoupourrait subitement s’introduire dans notre cœur…

Et c’est par sa présence dans notre cœur que notre corpsvibrerait…




safak atahan, 2005












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